Mise à jour de la CIM-10 : quels changements peuvent affecter votre codage ?
En résumé : Une mise à jour de la CIM-10 peut modifier des libellés, créer de nouvelles subdivisions, ajouter des extensions de codes ou faire évoluer certaines consignes. Pour sécuriser le codage, il faut donc vérifier la version applicable au séjour, identifier les modifications qui concernent les diagnostics traités et contrôler les règles PMSI associées. En 2026, l’ATIH indique qu’aucune nouveauté n’a été inscrite dans la CIM-10 à usage PMSI, mais une vérification annuelle reste nécessaire, notamment parce que les versions précédentes ont pu introduire des changements importants.
Pourquoi suivre les mises à jour de la CIM-10 ?
La CIM-10 à usage PMSI constitue un référentiel essentiel pour le codage des diagnostics. Mais sa structure n'est pas figée.
L’ATIH publie régulièrement de nouvelles versions et peut introduire des modifications destinées à mieux décrire certaines situations médicales. Ces évolutions peuvent concerner les codes eux-mêmes, leur structure ou certaines modalités de codage.
Par exemple, la version 2025 a introduit plusieurs nouvelles extensions de codes, tandis que la version 2026 n’a ajouté aucune nouveauté à la CIM-10 à usage PMSI.
Cette différence entre deux années montre pourquoi il ne suffit pas de supposer qu’une nouvelle version entraîne systématiquement des changements importants.
Pour le professionnel DIM ou TIM, le bon réflexe consiste à vérifier :
quelle version s’applique au séjour ;
si le code utilisé a été modifié ;
si une nouvelle subdivision existe ;
si le libellé a évolué ;
si une consigne de codage a changé ;
si les règles propres au champ PMSI ont évolué.
Pour revoir les fondamentaux avant d’analyser une modification, consultez ce guide sur la définition et structure de la CIM-10.
Quels types de changements peuvent affecter le codage ?
Une mise à jour de la CIM-10 peut prendre plusieurs formes.
Création d'un nouveau code
L’ATIH peut créer une nouvelle extension afin de décrire plus précisément une situation médicale.
En 2025, par exemple, de nouvelles extensions ont été créées autour du prélèvement d’ovocytes ou de tissu ovarien, ainsi que pour certaines situations de soins palliatifs.
Ce type de modification peut avoir une conséquence directe : un code général auparavant utilisé peut ne plus représenter le niveau de détail attendu lorsqu’une nouvelle subdivision permet désormais de distinguer la situation.
Le professionnel doit donc vérifier si le diagnostic qu’il code dispose désormais d’une extension plus précise.
Création d'une subdivision
Un code existant peut être subdivisé afin de mieux différencier plusieurs situations.
Cette évolution est importante car elle peut transformer une pratique de codage jusque-là correcte.
Un professionnel qui continue à utiliser le code général alors qu’une subdivision correspondant au dossier existe peut produire un codage moins précis.
La question à se poser après chaque mise à jour est donc :
« Mon ancien code possède-t-il désormais une subdivision plus adaptée ? »
Modification d'un libellé
Une mise à jour peut aussi modifier la rédaction d’un libellé sans nécessairement créer un nouveau code.
Cette évolution peut sembler mineure, mais elle mérite une vérification.
Un changement de formulation peut préciser le périmètre d’un code ou modifier la manière dont une situation doit être comprise.
Les professionnels doivent donc éviter de se fier uniquement à l’intitulé mémorisé d’un code.
Modification d'une note ou d'une consigne
La classification peut contenir des inclusions, exclusions ou instructions qui orientent le choix du code.
Une modification de ces indications peut donc avoir une incidence sur le codage, même si le numéro du code reste identique.
La mise à jour doit donc être analysée à deux niveaux :
le code a-t-il changé ?
et :
les règles associées au code ont-elles changé ?
Une mise à jour de la CIM-10 signifie-t-elle que tous les codes changent ?
Non.
C’est une confusion fréquente.
Une nouvelle version peut être publiée alors que seuls certains codes ou certaines catégories évoluent.
La version 2026 en fournit un exemple concret : l’ATIH indique qu’aucune nouveauté n’est inscrite pour la CIM-10 à usage PMSI 2026. La nouvelle version complète du volume 1 a toutefois été publiée et s’applique aux champs MCO, SSR, HAD et psychiatrie.
La bonne pratique consiste donc à ne pas modifier automatiquement tous les codes utilisés.
Il faut plutôt :
identifier la version applicable ;
consulter les modifications publiées ;
repérer les codes concernés ;
vérifier les dossiers auxquels ces changements peuvent s’appliquer ;
mettre à jour les pratiques uniquement lorsque cela est nécessaire.
Comment savoir si mon code a changé ?
Lorsque vous utilisez régulièrement certains codes, commencez par comparer leur version actuelle avec celle utilisée auparavant.
Vérifiez :
le numéro du code ;
le libellé ;
les subdivisions ;
les inclusions ;
les exclusions ;
les éventuelles notes ;
les instructions particulières.
L’ATIH publie des documents permettant de repérer les modifications entre versions. Pour 2025, par exemple, un document de présentation accompagnait la publication et recensait les modifications apportées entre les versions 2024 et 2025.
Cette comparaison est particulièrement utile pour les équipes qui disposent d’un référentiel interne de codes fréquemment utilisés.
Pourquoi ne faut-il pas se fier à un ancien tableau de codage ?
Les équipes DIM et TIM utilisent parfois des tableaux internes pour accélérer la recherche.
Ces supports peuvent être très pratiques, mais leur contenu doit être régulièrement contrôlé.
Un tableau créé plusieurs années auparavant peut contenir :
un ancien libellé ;
un code qui a depuis été subdivisé ;
une ancienne règle ;
une ancienne correspondance ;
une consigne qui n’est plus applicable.
Un tableau interne ne doit donc pas devenir une source autonome.
Il doit rester aligné avec le référentiel officiel applicable.
Cette vérification est particulièrement importante lorsqu’un professionnel reprend un fichier créé par un autre membre de l’équipe ou lorsqu’une procédure interne n’a pas été actualisée récemment.
Comment une mise à jour peut-elle entraîner un sous-codage ?
Le sous-codage peut apparaître lorsqu’une nouvelle subdivision permet de décrire plus précisément une situation mais que l’ancien code général continue à être utilisé.
Prenons une situation fictive.
Avant une évolution de la classification, un code général pouvait être utilisé pour plusieurs situations.
Après la mise à jour, une nouvelle extension distingue désormais une caractéristique particulière.
Si le dossier contient cette information mais que le professionnel conserve l’ancien niveau général, le codage ne reflète plus pleinement les informations disponibles.
Le problème ne vient donc pas nécessairement d’un code « faux ».
Le code peut être toujours présent, mais ne plus constituer le niveau le plus précis adapté au dossier.
Pour approfondir les enjeux du sous-codage CIM-10 en SMR, consultez notre analyse consacrée à cette problématique.
Une mise à jour peut-elle modifier le choix entre deux codes ?
Oui.
Lorsque deux codes semblent proches, une modification de la classification peut changer la manière de les départager.
Une nouvelle subdivision, une exclusion ou une précision dans le libellé peut rendre une option plus adaptée que l’autre.
Dans ce type de situation, reprenez la recherche depuis le début :
diagnostic documenté → index alphabétique → liste tabulaire → sous-catégorie → exclusions → inclusions → instructions.
Il ne faut pas simplement conserver le code utilisé auparavant parce qu’il avait été validé dans un ancien séjour.
Pour limiter les erreurs dans ces situations, consultez notre guide sur les erreurs de codage CIM-10 les plus fréquentes.
Les mises à jour concernent-elles uniquement les codes ?
Non.
C’est un point important pour les professionnels du PMSI.
La classification CIM-10 peut évoluer, mais les guides méthodologiques et les autres nomenclatures PMSI peuvent eux aussi faire l’objet de modifications.
L’ATIH publie chaque année des notices présentant les nouveautés PMSI. Pour 2026, par exemple, la notice technique indique qu’aucune nouveauté n’est inscrite dans la CIM-10 à usage PMSI, tout en présentant d’autres évolutions concernant les nomenclatures, les formats ou les règles applicables aux différents champs.
Il faut donc éviter de réduire la veille PMSI à la seule question :
« Quels nouveaux codes CIM-10 ont été créés ? »
La bonne question est plus large :
« Quelles modifications de la campagne PMSI peuvent affecter ma manière de coder ? »
Quelles conséquences pour le codage en SMR ?
Les évolutions doivent être analysées dans le contexte du SMR.
Un code CIM-10 ne doit pas être considéré isolément. Il participe à la description globale du séjour et doit être cohérent avec la hiérarchisation des diagnostics.
Le professionnel doit notamment contrôler :
la MMP ;
l’AE ;
les diagnostics associés ;
les éventuels DAS ;
la cohérence entre les différents diagnostics.
Une modification de la classification peut donc nécessiter une réévaluation des pratiques de codage sans pour autant modifier automatiquement la logique de hiérarchisation.
Pour revoir les règles propres à ce champ, consultez notre guide sur le codage CIM-10 en SMR.
Pourquoi surveiller les évolutions des codes DAS ?
Les Diagnostics Associés Significatifs peuvent jouer un rôle dans la représentation du séjour.
Lorsqu’une modification de la CIM-10 concerne un diagnostic susceptible d’être utilisé comme DAS, il faut vérifier si le nouveau niveau de précision ou la nouvelle structure du code modifie la manière de coder la situation.
Une mauvaise sélection peut avoir des conséquences sur le groupe nosologique.
La mise à jour d’un code ne doit donc pas être analysée uniquement sous l’angle du diagnostic principal.
Un exemple concret permet de comprendre cette problématique : consultez cette analyse consacrée à une erreur de code DAS.
Comment une mise à jour peut-elle affecter le groupage ?
Le codage CIM-10 contribue à la description du séjour et certaines informations codées peuvent intervenir dans le processus de groupage.
Une modification de code peut donc avoir une incidence lorsque :
un diagnostic dispose d’une nouvelle subdivision ;
un code devient plus précis ;
une nouvelle extension permet de distinguer une situation ;
une règle de codage associée évolue ;
un diagnostic associé est désormais décrit différemment.
Le professionnel ne doit toutefois pas choisir un code en fonction du groupe qu’il souhaite obtenir.
La démarche doit rester :
situation médicale documentée → code conforme à la version applicable → règles PMSI → groupage.
Le groupage constitue une conséquence du codage correctement réalisé, et non un critère permettant de sélectionner artificiellement un code.
Comment vérifier rapidement les changements d'une nouvelle version ?
Une méthode simple permet de sécuriser la transition entre deux versions.
Étape 1 - Identifier la nouvelle version
Déterminez la version de la CIM-10 à usage PMSI applicable à la période concernée.
Étape 2 - Consulter la publication officielle
Utilisez le référentiel et les documents de présentation publiés par l’ATIH.
Étape 3 - Repérer les modifications
Recherchez notamment :
les nouveaux codes ;
les suppressions ;
les subdivisions ;
les changements de libellés ;
les modifications de notes ;
les nouvelles instructions.
Étape 4 - Identifier les codes utilisés par votre équipe
Ne contrôlez pas uniquement les nouveaux codes.
Repérez les codes présents dans vos procédures, tableaux et dossiers types qui appartiennent aux catégories modifiées.
Étape 5 - Revoir les procédures internes
Actualisez les documents concernés.
Étape 6 - Informer les professionnels
Une évolution connue mais non diffusée peut continuer à produire des erreurs de codage.
Étape 7 - Contrôler les premiers dossiers
Après une mise à jour, effectuez quelques vérifications ciblées afin de vous assurer que les nouvelles règles sont correctement appliquées.
Checklist : que vérifier lors d'une mise à jour de la CIM-10 ?
Une mise à jour de la CIM-10 peut modifier certains codes, libellés ou règles de codage. Cette checklist permet de vérifier rapidement les principaux points avant de valider un codage.
Ai-je identifié la version applicable au séjour ?
Ai-je consulté la publication officielle de la nouvelle version ?
Ai-je vérifié si mon code a été modifié ?
Le libellé du code est-il toujours identique ?
Une nouvelle subdivision existe-t-elle ?
Une extension plus précise correspond-elle à mon diagnostic ?
Les inclusions ont-elles changé ?
Les exclusions ont-elles changé ?
Les instructions de codage ont-elles évolué ?
Mon tableau interne utilise-t-il la bonne version ?
Mes procédures de codage sont-elles à jour ?
Les règles PMSI du champ concerné ont-elles évolué ?
En SMR, la cohérence MMP/AE reste-t-elle respectée ?
Les diagnostics associés et DAS ont-ils été contrôlés ?
Le codage reste-t-il cohérent avec le dossier médical ?
Une vérification régulière garantit un codage à jour et cohérent avec la version de la CIM-10 et le dossier médical.
Comment éviter les erreurs après une mise à jour ?
Une mise à jour ne doit pas seulement conduire à télécharger un nouveau fichier.
Elle doit être intégrée dans les pratiques quotidiennes.
Pour une équipe DIM ou TIM, plusieurs actions peuvent faciliter la transition :
dater les référentiels internes ;
supprimer les anciennes versions utilisées pour le codage courant ;
identifier les changements ayant un impact concret ;
mettre à jour les procédures ;
partager les cas complexes ;
organiser un contrôle des premiers dossiers ;
conserver une trace des modifications importantes.
Cette organisation limite le risque de voir plusieurs versions circuler simultanément.
Comment utiliser un outil d'aide au codage pendant une mise à jour ?
Une évolution de la classification peut rendre les recherches plus longues, notamment lorsqu’un professionnel doit comparer plusieurs codes.
Un outil d’aide au codage peut faciliter la recherche initiale à partir d’un diagnostic ou d’un libellé clinique.
CimAi peut notamment aider à :
retrouver rapidement les codes correspondant à une situation ;
identifier plusieurs possibilités ;
comparer des codes proches ;
faciliter la recherche d’une sous-catégorie ;
réduire les recherches répétitives.
L’outil ne remplace toutefois pas le contrôle du référentiel officiel.
La validation doit rester fondée sur :
le dossier médical + la version applicable + la classification + les règles PMSI.
Pourquoi une veille régulière reste-t-elle nécessaire ?
Même lorsqu’une nouvelle version ne contient aucune nouveauté CIM-10, comme c’est le cas pour la version 2026 publiée par l’ATIH, la veille reste nécessaire car d’autres éléments du dispositif PMSI peuvent évoluer.
La surveillance doit donc porter sur l’ensemble de l’environnement de codage.
Pour un professionnel, cela permet de ne pas confondre :
absence de nouveau code ;
absence de changement dans la CIM-10 ;
absence totale de changement dans le PMSI.
Ces trois affirmations ne sont pas équivalentes.
FAQ
À quelle fréquence la CIM-10 est-elle mise à jour ?
L’ATIH publie des versions successives de la CIM-10 à usage PMSI. Une nouvelle version est publiée pour les campagnes concernées, mais toutes les versions n’introduisent pas nécessairement de nouveaux codes. Pour 2026, aucune nouveauté n’a été inscrite dans la CIM-10 à usage PMSI.
Quels changements peuvent affecter mon codage ?
Les changements peuvent concerner la création de nouveaux codes, l’ajout de subdivisions, la modification de libellés, les inclusions, les exclusions ou certaines instructions de codage.
Une nouvelle version signifie-t-elle que tous mes codes doivent être modifiés ?
Non. Il faut identifier les modifications qui concernent réellement les codes utilisés et les situations médicales prises en charge.
Comment savoir si mon ancien code doit être remplacé ?
Comparez-le avec la version applicable et consultez les documents présentant les modifications entre les deux versions. Vérifiez notamment les nouvelles subdivisions et les éventuelles modifications de libellés ou de consignes.
Une mise à jour peut-elle entraîner du sous-codage ?
Oui. Si une nouvelle subdivision permet de décrire plus précisément une situation mais que l’ancien code général continue à être utilisé, le codage peut devenir insuffisamment précis.
Les mises à jour concernent-elles aussi le SMR ?
Oui. Les évolutions de la CIM-10 à usage PMSI peuvent concerner les champs auxquels elle s’applique. En SMR, leur impact doit ensuite être analysé avec les règles propres à ce champ, notamment la hiérarchisation des diagnostics.
Où vérifier les changements officiels de la CIM-10 ?
Les publications de l’ATIH constituent la référence pour la CIM-10 à usage PMSI. Pour 2026, l’ATIH a publié la version complète du volume 1 et précise qu’aucune nouveauté n’y est inscrite.
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